L'Italie continue d'attirer les acheteurs internationaux, les propriétaires de résidences secondaires et les visiteurs de longue durée, grâce à son style de vie, sa culture et son marché immobilier diversifié. Cependant, nombreuses sont les personnes qui séjournent en Italie pendant de longues périodes sans y obtenir le statut de résident officiel.
Il est essentiel de comprendre ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire en tant que non-résident en Italie, notamment en matière de propriété immobilière, de délais, d'activités financières et de responsabilités légales. Bien que l'Italie soit accessible aux non-résidents, des limites claires définissent ce qui est autorisé.
- Être non-résident en Italie quand on est citoyen de l’UE : que signifie-t-il ?
- Ce que peuvent faire les citoyens de l’UE non-résidents en Italie
- Ce que les non-résidents ne peuvent pas faire
- Obligations financières et fiscales des non-résidents de l’UE
- Passer du statut de non-résident à celui de résident (citoyen de l’UE)
- En résumé : bien utiliser la liberté de circulation
Être non-résident en Italie quand on est citoyen de l’UE : que signifie-t-il ?
Pour un citoyen de l’UE, être non-résident en Italie signifie ne pas remplir les critères de résidence légale ou fiscale dans le pays.
En pratique, vous êtes généralement considéré comme résident en Italie si :
- vous séjournez plus de 183 jours par an sur le territoire italien,
- et/ou vous êtes inscrit à l’anagrafe (registre de la population) d’une commune italienne.
En tant que citoyen de l’UE non-résident, vous pouvez entrer librement en Italie, y séjourner pour des périodes prolongées et y posséder un bien immobilier, mais vous ne faites pas encore pleinement partie du système juridique et fiscal italien.
Ce statut concerne notamment :
- les propriétaires de résidences secondaires qui passent plusieurs mois par an en Italie,
- les Européens qui partagent leur temps entre plusieurs pays de l’UE,
- les télétravailleurs ou retraités mobiles qui n’ont pas encore fixé leur résidence principale en Italie
Ce que peuvent faire les citoyens de l’UE non-résidents en Italie
Séjourner plusieurs mois par an
Contrairement aux ressortissants de pays tiers, les citoyens de l’UE ne sont pas soumis à la règle des 90 jours sur 180 dans l’espace Schengen. Vous pouvez donc circuler librement et rester en Italie plus de 90 jours, tant que vous ne demandez pas certains droits liés à la résidence (prestations sociales, etc.) et que votre résidence principale reste dans un autre État membre.
En revanche, si vous restez plus de 3 mois de façon stable dans la même commune, vous êtes en principe tenu de vous enregistrer comme résident auprès de la mairie (anagrafe) selon les règles de la libre circulation des citoyens de l’UE.
Acheter et posséder un bien immobilier
Les Européens profitent d’une pleine liberté d’achat immobilier en Italie. En tant que citoyen de l’UE :
- vous pouvez acheter une résidence secondaire, une maison de vacances ou un bien d’investissement,
- sans obligation de devenir résident italien,
- sans restriction particulière liée à votre nationalité.
Vous restez cependant non-résident fiscal tant que vous n’êtes pas inscrit comme résident et que vous ne passez pas la majorité de l’année en Italie.
Louer le bien (sous conditions)
Vous pouvez généralement :
- proposer votre bien en location saisonnière (location touristique de courte durée),
- ou en location à plus long terme, sous réserve de respecter les règles locales.
Selon la commune et la région :
- des autorisations, enregistrements ou numéros d’identification touristiques peuvent être exigés,
- vous devez déclarer les revenus locatifs au fisc italien, même en tant que non-résident.
Il est également probable que vous ayez à déclarer ces revenus dans votre pays de résidence fiscale : les conventions fiscales bilatérales déterminent où et comment vous êtes imposé.
Ouvrir un compte bancaire
Les non-résidents peuvent ouvrir un compte bancaire en Italie, souvent utile pour :
- payer les charges de copropriété,
- régler les factures d’énergie et d’eau,
- percevoir des loyers ou payer les impôts locaux.
En général, la banque demandera :
- un document d’identité (passeport ou carte d’identité),
- un codice fiscale (numéro fiscal italien),
- un justificatif de domicile dans l’UE (Italie ou autre pays).
Accéder aux services en tant que visiteur de l’UE
En tant que citoyen de l’UE non-résident, vous pouvez accéder :
- aux transports, services touristiques, hébergements,
- aux soins de santé urgents avec votre Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM),
- à des soins programmés sous certaines conditions, selon la législation de votre pays d’assurance.
De nombreuses régions italiennes habituées aux résidents étrangers (Toscane, Lombardie, Pouilles, etc.) proposent des services spécifiquement adaptés aux propriétaires et visiteurs européens.
Ce que les non-résidents ne peuvent pas faire
Vivre durablement en Italie sans formaliser la résidence
Même si vous bénéficiez de la liberté de circulation, vous ne pouvez pas vous installer indéfiniment en Italie sans, à terme :
- vous enregistrer comme résident si vous restez plus de 3 mois dans la même commune,
- clarifier votre résidence fiscale si vous passez la majorité de l’année en Italie.
La non-déclaration peut créer des zones grises :
- pour votre imposition (double résidence fiscale potentielle),
- pour votre couverture santé,
- pour certaines droits sociaux.
Travailler en Italie sans statut clair
En tant que citoyen de l’UE, vous avez le droit de travailler en Italie (salarié ou indépendant) sans visa. Toutefois, si votre activité est exercée principalement depuis l’Italie, ou si vous êtes embauché par une entreprise italienne, il est cohérent, et parfois exigé, de vous enregistrer comme résident, de vous inscrire auprès des organismes de sécurité sociale italiens et de déclarer vos revenus professionnels au fisc italien.
Travailler durablement tout en restant officiellement « non-résident » peut entraîner des complications fiscales et sociales, notamment en matière de double imposition, de couverture santé et de droits sociaux.
Accès aux soins de santé publics en tant que résident
Sans résidence officielle, votre accès au Servizio Sanitario Nazionale (SSN) reste limité : vous pouvez utiliser la carte européenne d’assurance maladie pour les urgences et les soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire, mais l’inscription complète au système de santé public italien est en général liée à la résidence et à l’affiliation à la sécurité sociale italienne.
Obligations financières et fiscales des non-résidents de l’UE
Même sans résidence, un citoyen de l’UE propriétaire en Italie doit payer les impôts locaux (IMU, parfois TARI pour les ordures ménagères, etc.), déclarer en Italie les revenus locatifs générés par le bien et respecter, le cas échéant, les règles locales sur les locations touristiques.
En parallèle, selon la législation de votre pays de résidence fiscale, vous pouvez être tenu de déclarer vos biens possédés à l’étranger, de déclarer vos revenus de source italienne et d’appliquer les conventions fiscales entre l’Italie et votre pays afin d’éviter la double imposition. La coordination entre fiscalité italienne et fiscalité de votre État membre est donc cruciale.
Passer du statut de non-résident à celui de résident (citoyen de l’UE)
Pour les citoyens de l’UE, devenir résident en Italie est plus simple que pour les ressortissants de pays tiers :
- pas besoin de visa,
- mais obligation de s’enregistrer à la mairie (anagrafe) si vous restez plus de 3 mois dans la même commune,
- inscription possible au système de santé public et aux organismes de sécurité sociale, selon votre situation (salarié, indépendant, retraité, etc.).
Sur le plan fiscal, vous devenez résident fiscal italien en général si :
- vous passez plus de 183 jours par an en Italie,
- et/ou vous y avez votre foyer ou centre d’intérêts économiques principaux.
Pour de nombreux Européens acheteurs, la non-résidence est donc une phase de transition : le temps de découvrir différentes régions, de tester le mode de vie italien, avant de se déclarer officiellement résident.
En résumé : bien utiliser la liberté de circulation
Vivre ou séjourner souvent en Italie tout en restant non-résident permet aux citoyens de l’UE de profiter :
- de la liberté de circulation,
- de la facilité d’achat immobilier,
- de séjours longs et répétés sans démarches lourdes au départ.
Mais cette liberté a ses limites : fiscalité, accès complet au système de santé, travail durable sur place, avantages liés aux régimes pour nouveaux résidents.
Comprendre vos droits et vos obligations en tant que citoyen de l’UE non-résident est indispensable pour éviter les écueils et faire des choix éclairés, que vous cherchiez une résidence secondaire, un pied-à-terre pour télétravailler ou une future installation à plein temps.





