Les chemins de fer européens évoluent : où en est l’Italie en 2026 ?

Le réseau ferroviaire européen se réduit mais se modernise et s’électrifie ; en Italie, ce renforcement soutient durabilité, économie, mobilité et immobilier.
L’état des chemins de fer dans l’Union européenne : comment l’Italie se situe‑t‑elle ?
L’état des chemins de fer dans l’Union européenne : comment l’Italie se situe‑t‑elle ? | Unsplash

Les infrastructures ferroviaires de l’Union européenne sont en pleine transformation silencieuse, et ces changements pourraient avoir des conséquences à long terme sur la mobilité, la durabilité et même les marchés immobiliers en Italie.

De nouvelles données d’Eurostat montrent qu’en 2024, 40,8 % du réseau ferroviaire de l’UE comptait deux voies parallèles ou plus. C’est une nette amélioration par rapport aux 31,8 % enregistrés en 1990. Plus de voies signifient moins de goulets d’étranglement, une meilleure sécurité et une plus grande résilience en cas de perturbation.

Mais une autre évolution est encore plus déterminante.

La transition vers l’électrique s’accélère partout en Europe

Alors que la longueur totale du réseau ferroviaire de l’UE a en réalité diminué de 8,7 % depuis 1990, pour atteindre un peu plus de 201 000 kilomètres, la part de lignes électrifiées, elle, a fortement augmenté.

En 1990, seulement 39,9 % des lignes ferroviaires de l’UE étaient électrifiées. En 2024, ce chiffre atteint 57,6 %.

Pour l’Italie, cette tendance est particulièrement importante. Avec l’un des réseaux de trains à grande vitesse les plus développés d’Europe, le passage à l’électrique est au cœur de la réduction des émissions, de l’amélioration des temps de trajet et de la réalisation des objectifs plus larges du pays en matière de durabilité. Les investissements dans le rail sont également étroitement liés à la régénération urbaine, en particulier autour des grandes gares de villes comme Milan, Rome, Bologne et Naples.

Quels sont les pays de l’UE au réseau ferroviaire le plus dense ?

La densité du rail varie fortement en Europe. En 2024, la République tchèque affichait la plus forte densité ferroviaire, avec 123,2 mètres de voie par kilomètre carré, suivie de près par la Belgique et l’Allemagne.

À l’autre extrémité du classement figurent la Grèce, la Finlande et la Suède, où les réseaux sont beaucoup moins denses, principalement en raison de la géographie et d’une plus faible densité de population.

L’Italie se situe à peu près au milieu du classement européen, mais sa vraie force réside dans la connectivité entre ses grands centres urbains. L’axe grande vitesse nord–sud a profondément transformé les habitudes de déplacement intérieures et réduit la dépendance aux vols court-courriers, un changement structurel qui continue d’influencer le développement régional et la demande de logements.

train italie
Eurostat

Le fossé technologique : qui est en tête sur la sécurité ferroviaire ?

Au‑delà des voies et du passage à l’électrique, la signalisation numérique devient un enjeu crucial.

Le Système européen de contrôle des trains (ETCS) est conçu pour réduire les risques de collision en transmettant les signaux directement aux trains via l’infrastructure ou des systèmes radio.

Selon l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer, le Luxembourg est actuellement le seul pays de l’UE dont l’intégralité du réseau est équipée de l’ETCS. La Belgique et le Danemark sont également bien avancés. En revanche, plusieurs grandes économies, dont l’Allemagne, affichent encore des niveaux de déploiement relativement faibles.

Pour l’Italie, l’extension de la couverture ETCS est essentielle. L’intensité du trafic voyageurs et la croissance de la demande de fret rendent la signalisation moderne indispensable non seulement pour la sécurité, mais aussi pour l’efficacité du réseau et l’intégration transfrontalière.

Pourquoi est‑ce important pour l’Italie ?

Les infrastructures ferroviaires ne sont plus seulement une question de transport.
En Italie, la proximité des gares à grande vitesse influence déjà les prix de l’immobilier, les comportements des navetteurs et les décisions d’investissement. À mesure que l’Europe accélère l’électrification et la numérisation de ses réseaux, les villes bien connectées, au niveau national comme international, devraient bénéficier de davantages économiques durables.

La vraie question pour 2026 et au‑delà est de savoir si les investissements dans les infrastructures pourront suivre la demande.

Car, dans le prochain cycle de croissance européen, la connectivité pourrait bien devenir l’un des atouts les plus précieux.