San Pellegrino Terme, l'élégante cité thermale italienne

Derrière la célèbre eau minérale se cache une élégante cité thermale, marquée par la Belle Époque et l'architecture Liberty.
San Pellegrino Terme, l'élégante cité thermale italienne
Pesoregista, CC BY-SA 4.0 - Wikimedia Commons

Son nom est connu dans le monde entier, imprimé sur ses célèbres bouteilles vertes d’eau minérale. Pourtant, derrière la marque San Pellegrino se cache aussi une élégante cité thermale, nichée au cœur du Val Brembana, en Lombardie.

Une station thermale au cœur des Préalpes

San Pellegrino Terme, l'élégante cité thermale italienne
Guerinf, CC0 - Wikimedia Commons

Entourée par les Préalpes bergamasques et traversée par la rivière Brembo, San Pellegrino Terme a connu son âge d’or à la Belle Époque. Aristocrates et grande bourgeoisie européenne venaient alors profiter de ses eaux thermales, de ses hôtels luxueux et de son atmosphère raffinée.

La ville a gardé de cette époque un patrimoine assez exceptionnel. Le Grand Hôtel, le Casino Municipal ou encore les anciens thermes racontent encore aujourd’hui l’histoire d’une petite ville de montagne devenue, pendant quelques décennies, l’une des stations à la mode du nord de l’Italie.

Une petite ville transformée par les thermes

Tout commence véritablement au XIXe siècle. Un premier établissement thermal voit le jour en 1840. Son développement attire progressivement les visiteurs et change le destin de ce petit village de vallée. San Pellegrino devient peu à peu une destination de villégiature fréquentée par une clientèle aisée, venue d’Italie mais aussi de l’étranger.

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la station vit ses plus belles années. On vient prendre les eaux, bien sûr, mais aussi séjourner au Grand Hôtel, fréquenter le Casino et participer à la vie mondaine qui s’organise autour des thermes.

La ville se modernise en même temps. Le train permet désormais de rejoindre Bergame et, à partir de 1909, un funiculaire dessert Vetta, située environ 300 mètres plus haut.

La Première Guerre mondiale met un premier coup d’arrêt à cet essor. La fréquentation baisse, puis le déclin se poursuit après la Seconde Guerre mondiale. Le Grand Hôtel finit par fermer.

Mais pendant que la station thermale perd de son éclat, son eau connaît exactement le destin inverse. L’embouteillage se développe et San Pellegrino progressivement un nom célèbre bien au-delà des frontières italiennes.

Le Grand Hôtel et le Casino, symboles de la Belle Époque

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Motorpferd, CC BY-SA 3.0 - Wikimedia Commons

C’est aussi à cette période que San Pellegrino adopte largement le style Liberty, le nom donné en Italie à l’Art nouveau.

Le Grand Hôtel en est l’un des bâtiments les plus emblématiques. Conçu à partir de 1902 par l’architecte Romolo Squadrelli et l’ingénieur Luigi Mazzocchi, il ouvre en 1904 avec 250 chambres et des équipements très modernes pour l’époque : ascenseurs, électricité, eau potable et téléphone.

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Basilicofresco, CC BY-SA 4.0 - Wikimedia Commons

Après avoir accueilli une clientèle prestigieuse, dont les reines Marguerite et Hélène de Savoie, le palace ferme ses portes en 1979. Et il est resté fermé depuis. Mais une nouvelle page est en train de s’écrire. En 2024, le bâtiment a été confié à la société américaine EKN, spécialisée dans les resorts de luxe. L’objectif est de lui rendre sa vocation hôtelière, avec une réouverture annoncée pour 2030.

Face au Grand Hôtel, le Casino Municipal est l’autre grand symbole de la Belle Époque. Avec ses deux tours et sa façade richement ornée, il rappelle l’époque où San Pellegrino était aussi un important lieu de villégiature et de vie mondaine.

Dès le XIXe siècle, une allée de marronniers est ainsi aménagée au bord du Brembo. Dans les années 1930, la rive est à nouveau transformée avec la création d’arcades abritant boutiques et cafés.

Des thermes historiques redevenus très actuels

San Pellegrino Terme, l'élégante cité thermale italienne
© QC Terme San Pellegrino

Après plusieurs années de rénovation, QC San Pellegrino a ouvert ses portes en 2014 au sein du patrimoine historique de la station. L’ancien Gran Kursaal Casino, longtemps laissé à l’abandon, a notamment été restauré pour accueillir une partie de ce vaste centre de bien-être.

San Pellegrino Terme, l'élégante cité thermale italienne
© QC Terme San Pellegrino

Les stucs, les fresques et les vitraux historiques côtoient aujourd’hui des installations très contemporaines. Le complexe s’étend sur 6 550 m² à l’intérieur et 2 767 m² à l’extérieur, avec 45 expériences de bien-être : piscines, parcours sensoriels, saunas, espaces de relaxation ou encore massages.

San Pellegrino Terme, l'élégante cité thermale italienne
© QC Terme San Pellegrino

Parmi les expériences signatures, le bassin « Bathing in Stars » se distingue particulièrement. À la tombée de la nuit, les jeux de lumière transforment l’eau en une constellation scintillante, donnant l’impression de se baigner sous un ciel étoilé.

Une ville qui se visite aussi à pied

Pour découvrir le patrimoine de San Pellegrino, un itinéraire à pied de 2,4 kilomètres permet de passer par plusieurs sites emblématiques de la ville : le Casino, le Grand Hôtel, le funiculaire, les anciennes gares ou encore quelques villas historiques.

La balade permet surtout de prendre la mesure de cette petite ville qui a conservé, plus d’un siècle après son âge d’or, une identité très particulière entre thermalisme, architecture Liberty et paysage alpin.

Et c’est sans doute ce qui fait aujourd’hui tout l’intérêt de San Pellegrino Terme : découvrir la ville qui se cache derrière une bouteille que presque tout le monde connaît.